PEEPING SPACE

Pour cette carte blanche en forme de trio show offerte par la galerie Éric Mouchet, j’ai accompagné les artistes Bérénice Lefebvre et Gwendoline Perrigueux, en tissant leur deux univers, opposés et complémentaires, à travers une narration multiformes : titre de l’exposition, titres et textes-fictions pour chaque oeuvre, journal-catalogue, work-in-progress sur la vitrine de la galerie, lecture performée…

vues de l’exposition © Rebecca Fanuele

« Nue, elle avance dans un rêve d’architectures, et parmi les pierres, les découpes et les signes, poursuivie par des yeux intranquilles, elle cherche, sans le savoir tout à fait : le vertige, le désir, la fiction. »

« Peeping Space est un dialogue entre trois mondes, trois pratiques. Un monde urbain plutôt gris, si ce n’est pas noir et blanc, ou bien argenté lorsqu’il brille. Un monde burlesque où l’absurde est sexy pour mieux en rire. Un monde où le texte est parole, où les mots manifestent.
 Bérénice arpente la ville et ses espaces. La marche provoque une réflexion nourrie par l’action qui déplace le regard et le fragmente. Ainsi, l’artiste explore, photographie, découpe, et re-compose l’espace en deux ou trois dimensions, à travers l’impression, la sculpture et l’installation. Gwendoline se joue des objets et de leur fonction. Elle les dépouille de leur utilité et use de leurs connotations pour leur donner des postures plutôt cocasses. Pour cette exposition, Bérénice intervient dans l’espace et le transforme, sans l’envahir, grâce à un concept d’œuvres in-situ modulables et adaptables. Gwendoline peut alors disposer et mettre en scène — au gré de ses envies — ses instruments du désir ; nous laissant toujours le choix d’y succomber ou pas. Etaïnn prend part à cette collaboration par le biais d’interventions textuelles, la première étant le titre Peeping Space issu de l’expression anglaise « Peeping Tom ». Les artistes ont su préserver leur identité et laisser place au hasard de la rencontre afin de générer de nouvelles approches et de révéler d’autre(s) facette(s) de leur travail. Peeping Space est l’union de notions communes exploitées différemment par chacune des artistes. La déambulation dans l’espace révèle par strates une dynamique à la limite du vertige, ainsi qu’une grande sensualité des matériaux et de leur traitement. Peeping Space est une architecture déconstruite / reconstruite, où les mots sont glissés comme des indices, où le métal bascule et scintille au rythme des flux, ponctué et guidé par les matières et les couleurs, le tout dans un écrin d’ombres et de lumières.
 Peeping Space est un espace où le marcheur se fait voyeur. Bérénice, Gwendoline et Etaïnn suggèrent une mise en perspective de points de vue. Libre à nous de les voir. » Aurélie Faure, commissaire d’exposition indépendante / co-fondatrice de Born And Die

Lecture performance (vernissage)

EXTRAITS

« lascives » : indécise, polissonne, nonchalante, luminous banana, espiègle

this is the place
where secrets can be bought,

C’est un portrait de groupe bruissant de voeux hilares, de mobiles détournés et de trajectoires étranges.
Linda, nora, Beth B., Mika et les autres ; women i Could have been or loved. Souvenirs à huis clos enroulant les corps : aussi voluptueux qu’un water bed, fugaces comme des ombres empêchées, troublants d’énigmes qui laissent un fort goût de métal, excentriques indécis espiègles. Déployés parmi les éclairs d’objets éculés, absurdes et magnifiques.
Le cliché séduit, on approche avec des pensées ivres, on guette.
Et tandis que le temps s’épanche, oblique, dans le roulis de l’attente ou d’une fête qui ne porte aucun nom mais fait jeu de tous les symboles – sons arrondis comme des gouttes, images d’une jungle proliférant à l’intérieur d’elle-même, voix qui meurent sur un rivage de cuir – un visage se détache.
Sa biographie, épinglée à des milliers de vestes, a la géométrie d’une formule consacrée, mais la posture, les gestes, la façon d’abandonner sa peau…
C’est elle qu’on choisit.

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