Il faut… !

Lectures + communication des soirées “Il Faut Qu’on Parle !”, au Point Éphémère, (Paris, 2012 + 2013 + 2014).

Entre création littéraire et perfooooormances, un rendez-vous trimestriel créé et organisé par les écrivain.e.s Wendy Delorme et Isabelle Sorent.

EXTRAITS

la nuit nous traversait
battue singulière
et je ne sais plus
avancé dans les ombres
je cherchais sous les pierres
le visage d’une jeune fille
un trésor défait

à partir des arbres
le taillis du langage
roulait dans mon sang
écorchures délicates
j’ai pensé
aux corps dans les criques
soleil ensablé
dans une masse d’eau

(…)

(…)

la disparition attend sa forme (tabac fertile épandu sous des yeux clos)
et la mémoire travaille, boy-scout volubile lancé sur une route sinueuse
elle travaille et traduit mieux que : cliché, notule, promesse
elle travaille à partir de deux utopies minutieusement enfoncées

– officine du boucher pour dénerver démembrer débander découdre
comme on altère un corps

– chambre d’embaumement pour ajuster retailler alourdir de signes de costumes
comme on sublime l’absent

c’est une affaire de romantisme soudain abîmé dans un film noir
ou peut-être l’inverse
de mains d’artiste mains qui étreignent à mains d’étrangleur
et retour

de paysage industriel, rasé à paysage sonore
de peinture éraflée à photographie nerveuse
de soldat de plomb à pute de soie
de cadavre à portrait
mustang rapide contre chute arrêtée
œil d’or contre parure de cire
vivants contre poupées

(…)

J’ai pensé à l’usage que l’on fait de nos mains. Et puis j’ai pensé à ta nuque. (…)